Appels à communications : Musicologies uchroniques

Que serait-il passé si Jean-Baptiste Lully n’était pas venu en France ? Si Clara Wieck n’avait pas épousé Robert Schumann ? Si Jean-Jacques Rousseau avait étudié avec Jean-Philippe Rameau ? Si Guido Adler avait été français ? Si Wagner n’avait pas été antisémite ? Si Arnold Schoenberg n’avait pas tourné le dos à la tonalité ? Si Lili Boulanger avait vécu aussi longtemps que sa sœur Nadia ? Si John Williams avait écrit la musique de Star Wars pour quatuor à cordes ? Si Mylène Farmer avait été chanteuse dans un groupe de metal symphonique ?

Et d’ailleurs, si les Beatles n’étaient pas nés ? Pierre Bayard, en explorant cette hypothèse, imagine un monde musical où les Kinks se seraient imposés comme le groupe le plus important de la musique anglaise des années 1960, soulignant combien les notions d’univers parallèle, de bifurcation, d’éclipse amenées par son uchronie peuvent enrichir l’histoire de la musique. Si la fécondité heuristique de l’uchronie pour le domaine historique n’est plus à démontrer, la musicologie s’est peu saisie de ce mode de connaissance du réel par le biais de l’imagination, sinon sur un mode ludique (pensons aux créations radiophoniques Uchronies musicales de Laurent Vilarem). Pourtant, l’ouvrage de Bayard et son bref essai sur les Beatles illustrent le potentiel de l’uchronie pour l’histoire de la littérature, de l’art, et de la musique. Convaincus que la méthode contrefactuelle peut enrichir la « boîte à outils » des musicologues, et souhaitant prolonger cette exploration dans le domaine musical, nous organisons deux journées d’études, à Grenoble (9/10/2026) et Tours (printemps 2027), qui permettront de creuser les potentialités de l’uchronie pour la musicologie.

Les propositions sur toutes les époques et tous les répertoires musicaux sont bienvenues. Seront privilégiées les études de cas dont la dimension méthodologique est annoncée. Au-delà du jeu intellectuel et créatif, il s’agit de souligner ce qu’apporte une reconfiguration du passé à la démarche critique et interprétative du musicologue.

Les propositions de communication comprendront un maximum de 500 mots sont à envoyer en format texte (.doc, .docx, etc.) à marie.demeilliez@univ-grenoble-alpes.fr et jeremy.michot@univ-tours.fr avant le 1er mai 2026.

Celles-ci devront joindre le titre de la communication, et une brève notice bio-bibliographique précisant l’institution d’attache. Une réponse sera donnée aux participant·es sélectionné·es au début du mois de juillet 2026.

Descriptif de la journée d’étude