PROGRAMMES DE RECHERCHE EN COURS AU LUHCIE

 

 

 

 

 

AF-FRANCHIR (Arts-Frontières / Franchir)

Réunissant des historiens, des littéraires et des géographes, le projet AF-FRANCHIR  engage six membres du LUHCIE (trois de l’ex-CRHIPA, trois de l’ex-GERCI) et quatre de PACTE. Il est doté de 20000 euros. A la croisée de la géographie des frontières et de l’histoire des émotions, son objet est l’étude de la médiatisation des émotions liées au franchissement des frontières. Sa méthodologie consiste à faire travailler ensemble, dans des enquêtes de terrain, des chercheurs et des artistes, afin d’examiner les modalités de transmission des émotions et leurs usages politiques, selon une logique que Luc Boltanski, reprenant Hannah Arendt, a appelé la « politique de la pitié ». Les exemples retenus sont les cas paroxystiques des frontières « fermées », notamment en Afrique du Sud et en Italie.

Porteur du projet : Sylvain Venayre, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Grenoble, directeur du LUHCIE.

Autres membres :

Anne-Laure Amilhat-Szary (PACTE), Professeur de géographie à l’Université Grenoble Alpes, membre de l’IUF – Gilles Bertrand (LUHCIE), Professeur d’histoire moderne à l’Université Grenoble Alpes, membre de l’IUF – Leonardo Casalino (LUHCIE), Maître de conférences en histoire contemporaine à l’UGA – Lisa El Ghaoui (LUHCIE), Maîtresse de conférences en littérature contemporaine à l’UGA – Naïma Ghermani (LUHCIE), Maîtresse de conférences en histoire moderne à l’UGA, membre de l’IUF – Alessandro Giacone (LUHCIE), Maître de conférences HDR en histoire contemporaine à l’UGA – Myriam Houssay-Holzschuch (PACTE), Professeure de géographie à l’UGA, ancienne membre de l’IUF – Claire Marynower (PACTE), maîtresse de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Grenoble – Sarah Mekdjian (PACTE), Maîtresse de conférences en géographie à l’UGA.

 

Administrer l’étranger. Mobilités, diplomaties et hospitalité, Italie – Europe (XIVe-mi XIXe siècle)

Résumé du projet

L’étranger comme objet de pensée, comme hôte accueilli ou refoulé, enfin comme acteur vivant une expérience sociale, juridique et politique, tels sont les trois points que ce projet se propose d’éclairer en enquêtant sur les mobilités et leur prise en charge institutionnelle et diplomatique dans un espace qui associe l’Italie à son contexte européen, en particulier à la France et aux mondes hispanique et germanique. On s’intéresse à la construction de l’étranger entre le XIVe siècle et le milieu du XIXe siècle du point de vue des institutions religieuses, politiques, économiques ou savantes, dans une perspective locale, nationale et transnationale autant que du point de vue des personnes en déplacement, étudiées comme individus, groupes constitués ou communautés imaginées.

Normes, discours et représentations de l’hospitalité Les normes religieuses, juridiques ou théoriques de l’hospitalité y sont envisagées en partant des problèmes d’appellation. On entend questionner les modalités d’enregistrement, de légitimation, de surveillance et d’intégration des étrangers, migrants, voyageurs, émigrés, réfugiés ou encore exilés religieux, de la part des différentes instances administratives ainsi que des organes diplomatiques et consulaires, dans un contexte où les normes et les formes de l’hospitalité connaissent une profonde mutation.

Pratiques de l’accueil : aider, contrôler, rejeter Le passage de l’hospitalité « philanthropique » à l’encadrement juridique et administratif des personnes mobiles est examiné en prenant comme point d’observation les institutions des pays d’accueil ainsi que les réseaux diplomatiques et consulaires. On se demande comment furent contrôlées et traitées ces personnes, quels furent les lieux dédiés à l’hospitalité, quelles sociabilités notamment politiques se créèrent dans les villes. On s’intéresse aux pratiques de l’accueil dans le cadre de l’activité diplomatique comme aux prises en charge par d’autres structures, des confréries aux hospices, de la recommandation aux subsides, de la constitution de quartiers nationaux aux dépôts.

Groupes et individus en mouvement : expériences de la mobilité Un dernier volet de l’enquête prévoit d’examiner la manière dont les personnes mobiles vivent cet état, comment elles le perçoivent et s’informent des modalités de circulation, le comprennent, le subissent ou le subvertissent. On sera attentifs, sous cet angle, à établir une typologie fine selon les catégories d’individus: catégories sociales (des indigents aux élites), catégories politiques (exilés politiques, émigrés…) mais aussi catégories « professionnelles » (mobilités scientifiques, artistiques, commerciales…).

Ce projet inscrit dans le plan quinquennal de l’EFR est piloté par sept chercheurs des Universités Grenoble Alpes (LUHCIE), Paris Est Créteil Val de Marne (CRHEC) et Paris Panthéon Sorbonne (IHMC) : Gilles Bertrand, Catherine Brice, Naïma Ghermani, Virginie Martin, Gilles Montègre, Ilaria Taddei, Sylvain Venayre. Il se fonde sur les collaborations avec des Universités italiennes et espagnoles (Complutense de Madrid, Naples Federico II, Naples Suor Orsola Benincasa, Sienne, Venise Ca’Foscari…) et des institutions de recherche à l’étranger soutenues par leurs gouvernements (Institut Historique Allemand, Casa de Velasquez).

Le calendrier des rencontres et séminaires vise à construire une série d’étapes qui conduiront à l’élaboration de publications intermédiaires et d’un ouvrage final consacré à La fabrique de l’étranger. A ce jour la programmation s’organise comme suit :

2017 

(Naples Federico II) Stranieri : controllo e integrazione nella Penisola italiana, sec. XVII-XIX ;

(Rome Ecole française) Hospitalité de l’étranger, XIVe-XVIIe siècle : entre charité, contrôle et utilité sociale. Italie Europe.

2018

(Paris Institut historique Allemand) Diplomatie et modalités d’enregistrement et d’intégration des étrangers XVIIe-XVIIIe siècle ;

(Paris Est Créteil) Amnistie et réintégration des exilés : la définition de l’étranger XVIIIe-XIXe siècle.

2019

(Venise Ca’ Foscari) De l’accueil des étrangers à la genèse du droit d’asile, Italie, Europe, XVIIe-XIXe siècle ;

(Madrid Complutense) Expériences et gestion des mobilités culturelles et savantes : Italie, Péninsule Ibérique, XVIIIe-XIXe siècle.

2020

(Naples Suor Orsola Benincasa) Le patrie degli stranieri : tra estraneità e condivisione. Policentrismo e mobilità in Italia tra Medioevo e età moderna ;

(Paris Panthéon Sorbonne) Exilés et émigrés. Recension et intégration, aspects administratifs et économiques.

2021

(Grenoble UGA et Rome EFR) réunions de travail pour l’élaboration de l’ouvrage final.

 

Responsables : Gilles Bertrand, professeur, Université de Grenoble-Alpes, membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF) et membre du LUHCIE ; Catherine Brice, professeur, Université de Paris Est Créteil Val-de-Marne, rattachée au Centre de Recherche en histoire européenne comparée, membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF) ; Naïma Ghermani, maître de conférences, Université de Grenoble-Alpes, membre junior de l’Institut Universitaire de France (IUF) et et membre du LUHCIE ;  Virginie Martin, maître de conférences, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IHMC / IHRF) ; Gilles Montègre, maître de conférences, Université de Grenoble-Alpes et membre du LUHCIE ; Ilaria Taddei, maître de conférences, Université de Grenoble-Alpes, affiliée au LUHCIE ; Sylvain Venayre, professeur, Université de Grenoble-Alpes et directeur du LUHCIE.

Administer abroad. Mobility, diplomacy and hospitality Italy-Europe (14th-19th century) Abstract

Managing foreigners. Mobility, diplomacy and hospitality. Italy – Europe (14th – mid 19th centuries)

Foreigners and how they were generally perceived, how they were accepted or rejected, and how they experienced a life on the move – these are the three areas that this project aims to clarify by looking into mobility and its institutional and diplomatic administration in relation to Italy and its European context, in particular, France and the Hispanic and Germanic worlds. It will focus in particular on the way in which the perception of foreigners developed between the 14th century and the middle of the 19th century, from the point of view of religious, political, economic or scholarly institutions, on a local, national and transnational scale as well as from the point of view of those on the move, studied as individuals, organised groups or likely communities.

Religious, legal or theoretical standards of hospitality will be seen from the starting point of problems of terminology. We will look into the procedures for the registration, legitimisation, surveillance and integration of foreigners, migrants, travellers, émigrés, refugees and religious exiles on the part of the various administrative organisms, as well as diplomatic and consular authorities, in a context in which the standards and nature of hospitality were undergoing profound changes.

The change from “philanthropic” hospitality to the legal and administrative supervision of people on the move will be examined through an observation of the institutions of host countries as well as of diplomatic and consular networks. We will investigate how these people were controlled and treated, what kinds of hospitable places were available to them and what kind of social entities, particularly of a political nature, were created in cities. We will look into how foreigners were received in diplomatic circles, as well as their reception in other ways (from brotherhoods to hospices, from recommendations to subsidies, from the establishment of national areas to special centres).

The last part of the study will examine the way in which life on the move was lived, how people perceived it and found out about procedures, how they understood it, put up with it or subverted it. Care will be taken here to establish a clear typology according to categories of individuals: social categories (from the destitute to the elite), political categories (political exiles, émigrés…), and also “professional” categories (movement for artistic, scientific, commercial purposes…)

 

Programme / calendrier de réalisation

Les journées d’études, tables rondes et colloques prévus dans le cadre de ce programme en complément des missions de recherches d’archives se dérouleront à l’École française de Rome, à l’université Grenoble Alpes, à la Casa de Velásquez (Madrid), à l’Institut historique allemand de Paris, dans les Universités de Paris Est Créteil Val de Marne et de Paris Panthéon Sorbonne, ainsi que dans les Universités partenaires de Naples, Sienne, Venise, Rome et Tarragone.

L’ensemble des tables rondes sera préparatoire à un colloque final  : La fabrique de l’étranger : accueillir, classer, contrôler

Partenaires

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Autres partenaires

Casa de Velázquez, Institut Historique Allemand (Paris), Université Complutense de Madrid, Université de Naples Federico II, Università di Suor Orsola Benincasa, Université de Roma La Sapienza, Université de Sienne, Université Rovira i Virgili de Tarragone, Université Ca’Foscari de Venise 

 

 Vaison et son territoire dans l’Antiquité

Ce projet comporte deux volets : un volet épigraphique (« PCR Vaison-la-Romaine et communes alentours. ILN, Vaison des Voconces. » N. Mathieu) et un volet archéologique (fouilles du forum de Vaison. C. Michel d’Annoville). L’action s’inscrit dans un projet collectif pluri-annuel autour de la publication des inscriptions latines de la cité de Vaison des Voconces dans l’Antiquité et autour des fouilles du forum de Vaison-la-Romaine.

Le volet épigraphique du projet s’inscrit dans une tradition épigraphique grenobloise ancienne et, selon les pratiques scientifiques contemporaines, prend en compte l’ensemble des monuments inscrits donc en collaboration avec archéologues, architectes, historiens de l’art. Le volet archéologique s’appuie sur les fouilles menées par J. -M. Mignon depuis trois ans à l’emplacement du forum antique de Vaison-la-Romaine (Vaucluse). Ces travaux ont une finalité scientifique. Ils ont aussi pour objectif de former les étudiants aux techniques de fouilles qui vont du dégagement lui-même, au relevé de terrain et à l’identification du matériel.

Pilotage : N. Mathieu et C. Michel d’Annoville

Objectif final

Publication du volume ILN, VII, 2, Voconces de Vaison (XLIVe suppl. à Gallia) qui prendra la suite du volume ILN, VII – 1, Voconces de Die, paru en 2012. Cette publication ne pourra pas être réalisée dans le seul temps du PCR dont le but est de faciliter la préparation technique de la publication (prospection, récolement, vérification sur place etc.). Le PCR soutient cet objectif préparatoire.

Les publications plus particulièrement archéologiques seront effectuées dans un autre cadre et avec d’autres soutiens.

Partenaires

UGA / Personnel enseignant de Grenoble, chercheurs ou doctorants – Caroline Michel d’Annoville, Pr Univ Paris IV – Nicolas Mathieu, professeur d’histoire romaine, UGA, Djamila Fellague, MCF, UGA – Bernard Rémy, professeur émérite d’histoire romaine, UGA – Marianne Béraud, doctorante, allocataire monitrice, histoire romaine – Yann Bonfand, doctorant.

Partenaires extérieurs à Grenoble, enseignants (partie prenante du programme de fouille ou de recherche sur les inscriptions)

Patrice Faure, maître de conférence (Université Lyon-3 – Jean Moulin) – Benoît Rossignol, Maître de conférence (Université Paris 1, Sorbonne) – DRAC PACA (Xavier Delestre, Directeur régional des affaires culturelles, Service régional de l’archéologie) – David Lavergne, Conservateur en chef du patrimoine, SRA (Département du Vaucluse) – Jean-Marc Mignon, archéologue (Service Départemental du patrimoine et de l’archéologie, Vaucluse) – INRAP (Vaucluse) – Joël-Claude Meffre, archéologue (Vaucluse, Vaison) – Personnels des services municipaux de Vaison-la-Romaine – Christine Bezin, Mélanie Bienfait, Julien Charles

Manifestations passées

25 octobre 2012 : Séminaire Inscriptions latines de Narbonnaise. II. ILN Vaison des Voconces

24 avril 2014 : 2ème séminaire Inscriptions latines de Narbonnaise. II. ILN Vaison des Voconces

22 avril 2015 : 3ème séminaire Inscriptions latines de Narbonnaise. II. ILN Vaison des Voconces = 1er séminaire Vaison et son territoire dans l’Antiquité

Décembre 2015 : 2ème  séminaire Vaison et son territoire dans l’Antiquité

14 avril 2016 : 3ème séminaire Vaison et son territoire dans l’Antiquité

Orateurs européens à l’âge de l’humanisme : une autre histoire de la communication

Pilotage : Estelle Doudet (Litt&Arts) et Ilaria Taddei (LUHCIE)

Ce projet vise à lancer un réseau de recherche international autour de l’histoire des pratiques médiatiques dans l’Europe de la première modernité (XIVe-XVIe siècle).

Il s’articule autour de l’orateur. Ce titre est alors souvent revendiqué dans les métiers de la parole (juristes, diplomates, acteurs, prédicateurs) ainsi que par les groupes qui revendiquent un usage légitime du discours d’intérêt public (autorités urbaines, marchands, intellectuels, etc.).

Notre hypothèse est que ce mouvement repose sur la combinaison de trois facteurs :

  • un cadre de pensée dominé par le renouveau de la rhétorique et de l’action oratoire ;
  • le développement de pratiques professionnelles et non-professionnelles de la parole publique, appuyée par des media comme le théâtre ou l’imprimerie ;
  • la circulation et la mise en question, à l’échelle de l’Europe, de styles et de formes d’expression, en latin et dans les langues modernes, dont il s’agira de questionner les éventuels contacts.
  • Objectifs scientifiques : mieux comprendre, à l’échelle européenne, un moment historique particulier dans l’histoire de la communication publique. Mettre en perspective les nouvelles formes du débat public au XXIe siècle, entre innovations technologiques et recherche d’autres modes de participation politique.
  • Méthodes : socio-stylistique et analyse rhétorique menées dans diverses langues (latin, français, italien, espagnol, anglais, néerlandais, allemand) ; histoire sociale et politique de la première modernité ; archéologie des imaginaires et des pratiques médiatiques.
  • Formes du travail : 3 journées d’étude/an, rassemblant des spécialistes internationaux et ouvertes aux étudiants à partir du master.

Partenaires :   logo Litt&arts     Imprimer   logo IUF

 

Manifestations à venir : journée d’étude « Orateurs européens à l’âge de l’humanisme »

 

DigiFlor (Digital Edition of the Roman de Florimont)

Porteuse du projet: Marta Materni
Encadrante du projet: Elena Pierazzo

Partenaires du projet : logo Marie Curie actions

Résumé du projet

Le projet DigiFlor, financé par la Communauté Européenne avec une Marie Curie Individual Fellowship, propose avant tout la réalisation d’une édition numérique complexe, expressément conçue pour un texte très peu étudié du Moyen Âge français : le Roman de Florimont.

Il s’agit d’une œuvre en vers (environ 13.000), écrite par Aymon de Varennes en 1118, qui relate les aventures méditerranéennes, entre les rives de l’Europe et celles de l’Égypte, du grand-père d’Alexandre le Grand.

Publié une seule fois, dans les années 1930, en occasion d’une édition très critiquée à cause du choix de témoins qui a influencé de façon trompeuse les interprétations du texte, le Roman de Florimont présente donc le grande avantage de nous offrir un terrain d’étude presque vierge où l’on peut expérimenter sans le poids d’aucun préjugé hérité.

Qui plus est, ses caractéristiques (longueur contenue, variantes linguistiques très marquées et variantes rédactionnelles, existence de prosifications et de traductions) permettront de se confronter, dans un seule contexte, à la presque totalité des problématiques liées à la transmission d’un texte du Moyen Âge et donc à son édition. Le but du projet est donc de réfléchir à la façon d’aborder ces questions philologiques, tout en adoptant la perspective d’un approche numérique.

Le passage de l’édition-papier à l’édition-virtuelle permettra :

1) de réfléchir à la nature même de l’édition d’un texte et de proposer des alternatives au basculement classique entre édition sur témoin unique et édition critique ;

2) d’étendre les limites conceptuels d’une édition jusqu’à inclure dans le même contexte soit les instruments d’analyses textuelles utiles à la création de lexiques, études statistiques etc. ; soit la visualisation du texte édité à côté des images des manuscrits, afin de rendre évident et explicite tout le travail qui conduit du parchemin à l’écran.

Méthodologie
Le projet sera l’occasion de tester sur une langue romane présentant des variantes graphiques/grammaticales très accentuées une série de logiciels open-source, développés dans le contexte académique et dédiés au traitement automatique et semi-automatique du texte et de l’édition scientifique. La base technique de l’édition sera le standard XML-TEI.

Retombées du projet
Les résultats de ce projet seront librement accessibles et diffusés principalement à travers : 1) un site Florimont présentant les images et les éditions et intégré au projet FonteGaia ; 2) un cahier de recherche Hypothèses. En 2019 la fin du projet sera couronnée par l’organisation d’une journée d’étude franco-italiennne au sein du laboratoire LUHCIE.

 

Atelier Morelli : traduction française et étude des Ricordi (1371-1444)

Pilotage : Élise Leclerc, Cécile Terreaux-Scotto, Serge Stolf

Ce projet, initié en novembre 2014, comporte deux volets : un volet traduction et un volet recherche.

Le projet est centré autour de la traduction du livre de famille rédigé par Giovanni di Pagolo Morelli entre 1393 et 1421. Non seulement les Ricordi de Morelli ont compté parmi les premiers livres de famille édités (1718), mais ils représentent également depuis lors l’écriture privée florentine dans de nombreuses anthologies de la littérature italienne destinées à un public italophone ou anglophone. Si des traductions partielles en langue anglaise ont contribué à faire connaître cette œuvre au-delà des frontières de la Péninsule, le public francophone n’a accès à ce jour qu’à un autre livre de famille florentin, celui de Bonaccorso Pitti (traduit sous la direction d’Adelin Charles Fiorato et publié aux Presses du CNRS en 1991).

Or le livre de ricordi de Morelli explore presque toutes les voies empruntées ponctuellement par les pères de famille dans leurs écritures privées, de la généalogie à la chronique citadine, en passant par tous les conseils pouvant être utile à la bonne gestion des affaires familiales. Traduire Morelli, c’est donc ouvrir au public francophone une exceptionnelle fenêtre sur la culture florentine de l’orée du Quattrocento.

Par ailleurs, les spécificités de l’écriture privée de l’époque, qui rendent ces textes difficiles d’accès, méritent d’être considérées comme un objet de recherche à part entière. À une époque où la langue vulgaire est en cours de formalisation dans les domaines littéraires et au sein des institutions, on peut se demander dans quelle mesure les usages sémantiques et lexicaux étaient redevables de la langue latine ou bien des discours conçus dans les sphères officielles, littéraires, religieuses et économiques.

Pour tenter d’apporter des éléments de réponse, les séances de l’Atelier (3 par an) se déroulent en deux temps :

– la matinée est consacrée à la traduction de plusieurs pages des Ricordi. Le texte, travaillé en amont non seulement par un traducteur, mais aussi par deux relecteurs, est présenté à l’ensemble des membres de l’Atelier, de façon à discuter des points restés en suspens ou présentant des difficultés d’interprétation.

– l’après-midi permet une discussion sur les choix de traduction effectués par les membres de l’Atelier en matière de lexique. Il s’agit d’harmoniser les pratiques de traduction autour de choix communs, guidés par l’interprétation du texte et l’étude du contexte socio-politique et des pratiques d’écriture marchandes.

Les membres de l’Atelier disposent d’outils de travail communs : un carnet de recherche en ligne (morelli.hypotheses.org, ISSN 2496-6886) ainsi qu’un espace collaboratif sur la plateforme de services RENATER, dont l’accès est réservé aux membres de l’Atelier et où est, entre autres, élaboré collectivement un glossaire.

Partenaires : outre les trois membres du LUHCIE porteurs du projet, l’équipe de traducteurs est constituée de chercheurs appartenant à des laboratoires de recherche différents :

Laurent Baggioni, Triangle (UMR 5206), Université Lyon 3

Noémie Castagné, CEL (EA1663), Université Lyon 3

Maxime Castro, professeur de chaire supérieure, Nancy

Ismène Cotensin, CIRRI (EA3979), Université Lyon 3

Romain Descendre, Triangle (UMR 5206), ENS de Lyon

Jean-Claude Zancarini, Triangle (UMR 5206), ENS de Lyon

Historique des séances et présentation du projet dans le carnet de recherche « Atelier Morelli » sur Openedition.org

 

Image et droit

Pilotage : (Naïma Ghermani et Caroline Michel d’Annoville)

Le projet «Images et Droit» est une série de trois rencontres interdisciplinaires et internationales qui interroge les relations des juristes à l’image, de l’antiquité à nos jours. Quels sont les liens tissés entre la création et les usages des images et le droit ? Quel droit applique-t-on à quelles images ? Comment les enjeux religieux fondent une partie du droit des images dans l’Antiquité et au Moyen Age? Quelle place ont les images non seulement dans la production juridique du XVIe siècle mais également dans l’économie du texte juridique? A notre époque, comment considère-t-on l’image animée et quelles sont les limites juridiques de l’usage des images?

Une première table ronde organisée à Rome les 2 et 3 décembre 2013, en collaboration avec l’École Française de Rome, avait pour thème le droit aux images et avait questionné le fameux jus imaginum antique, ses effets et sa réception à l’époque moderne ainsi que sur les usages judiciaires et l’actuel «droit à l’image» qu’il faut sans cesse redéfinir aujourd’hui à l’ère d’internet. Deux autres aspects sont encore à analyser : les usages juridiques des images et le rejet et la condamnation des images. Ces problématiques engagent un dialogue entre des historiens du droit, des historiens d’art et des spécialistes de l’image en général, sur des périodes historiques différentes. En ce sens, le projet se veut un travail collectif au long cours puisque les chercheurs participants aux premières sessions seront invités à continuer la discussion lors des rencontres suivantes.

Cette pluralité des approches et des langues des participants s’inscrit dans les axes du LUHCIE à travers l’axe 2 «signature » dédié à l’anthropologie des images, aux marquages et droit des images. Il repose aussi sur un travail commun avec les juristes du Centre de Recherches Juridiques, notamment ceux de l’équipe du CUERPI (http://crj.upmf-grenoble.fr/axes-de-recherche/cuerpi/), spécialisés dans la question des droits de l’image et de la propriété intellectuelle.

Dans la tradition de l’étroite collaboration scientifique de l’université de Grenoble avec l’Italie, le projet associe également des chercheurs de deux institutions internationales sises en Italie : l’École Française de Rome et le Kunsthistorisches Institut de Florence-Institut Max-Planck dont un des programmes de recherche est dédié aux images juridiques.

Ces trois rencontres seront l’objet de plusieurs formes de publications. Dans un premier temps, un site internet accueillera, en attendant une édition papier synthétique globale, des working papers des participants. Cette plateforme abritée sur le site du LUHCIE mais accessible également depuis le site de l’EFR accueillera, en outre, un catalogue d’images juridiques ou aux usages judiciaires.

Partenaires : logo-efr          logo-iuf          logo_uga_vo_rvb

Manifestations passées :

–        Rome, 2 et 3 décembre 2013 : Table ronde : Images et droit (I) : Le droit aux images

–        Rome,  4 et 5 décembre 2014 : Colloque : Image et Droit II: l’usage juridique des images

–        Grenoble, 23-25 novembre 2015 : De la régulation au refus des images

 

Voyageuses britanniques à Lyon au XVIIIe siècle

Co-pilotage : Gilles Bertrand

Ce projet se fonde sur un séminaire qui s’est tenu de 2012 à 2015 à l’ENS de Lyon grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes et du laboratoire LIRE de l’ENS de Lyon, en collaboration avec le LUHCIE et avec le CEMRA (aujourd’hui intégré dans l’équipe ILCEA4), dans le cadre du projet ARC 5. Il bénéficie du partenariat des Musées Gadagne d’histoire de Lyon et de la Bibliothèque municipale de Lyon-La Part Dieu.

Le séminaire de recherche interdisciplinaire monté par Isabelle Baudino est suspendu pour l’année 2015-2016. Il a accueilli des anglicistes, des historiens, des géographes et des spécialistes des études de genre. On y a analysé un corpus inédit de récits de voyages publiés par des femmes britanniques au cours du « long XVIIIe siècle », ce qui correspond dans l’historiographie britannique à la période qui s’étend entre la « révolution glorieuse » de 1688 et le début du règne de la reine Victoria en 1837. Partant d’interrogations à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, le séminaire a souligné la place et le rôle de la ville de Lyon dans l’itinéraire des voyageuses britanniques. La démarche est comparative et envisage les représentations féminines de la capitale des Gaules par rapport à d’autres étapes du Grand Tour mais aussi par rapport à celles que l’on trouve dans les récits masculins. À partir du modèle lyonnais, ce travail s’inscrit dans le sillage d’études récentes sur la féminisation du Grand Tour.

Outre le séminaire périodique servant de support et de lieu de réflexion, trois types d’initiatives sont nées de ce projet :

1) des traductions en français de textes de voyageuses britanniques, réalisées par des étudiants de l’ENS et déjà disponibles en ligne sur le site de l’ARC5

2) un colloque organisé les 5-6 avril 2013 par l’ENS de Lyon au Musée Gadagne, d’où est issu le volume dirigé par Isabelle Baudino, Les Voyageuses britanniques au XVIIIe siècle. L’étape lyonnaise dans l’itinéraire du Grand Tour, Paris, L’Harmattan, coll. « Des idées et des femmes », 2015.

3) un site en cours de constitution sur l’histoire du voyage à Lyon, co-piloté par l’ENS de Lyon et la Bibliothèque municipale de Lyon La Part-Dieu.

Ce programme bénéficie du travail de recherche de deux doctorants: Damien Petermann (L’espace lyonnais représenté à l’usage des voyageurs aux époques moderne et contemporaine, histoire et construction de l’image d’un territoire, XVIIe-XXe siècle, sous la direction de Bernard Gauthiez, Université Jean Moulin Lyon 3, UMR 5600), titulaire d’un contrat doctoral financé par l’ARC7 de la Région Rhône-alpes, et Grégoire Besson (Le temps du voyage : rythmes et perception de la durée dans les pratiques du voyage en Europe entre Lumières et Romantisme (18e siècle-milieu 19e siècle), sous la direction de Gilles Bertrand, Université de Grenoble Alpes, LUHCIE), titulaire d’un contrat doctoral financé par l’ARC5 de la région Rhône-Alpes.

 

Histoire et historiographie de l’Italie XIIe-XIXe siècle

Pilotage  : Gilles Bertrand, Ilaria Taddei

Depuis 2003 Gilles Bertrand et Ilaria Taddei sont engagés dans une équipe de recherche travaillant sur l’histoire et l’historiographie de l’Italie. Piloté par l’EHESS-UMR Centre Norbert Elias (CNRS) de Marseille en collaboration avec l’Université d’Avignon et le CIRILLIS de l’Université de Bordeaux, ce programme transversal a déjà abouti à la publication de deux volumes : Une histoire politique de la Toscane. Pouvoir, territoire, ressources, XIVe-XIXe siècle, Rennes, PUR, 2004 ; La politique par correspondance. Les usages politiques de la lettre en Italie, XIVe-XVIIIe siècle, Rennes, PUR, 2009. Un troisième ouvrage est en préparation sur Histoires d’Italies, XIIe-XIXe siècles. Pratiques et expériences territoriales. Quelques hypothèses de travail sur l’écriture de cette histoire de l’Italie ont été établies lors d’une rencontre qui s’est tenue en octobre 2013 à Bordeaux. L’ambition de ce troisième volet du programme n’est pas d’aboutir à une « Italie-synthèse » ni à une « Italie-plurielle », mais de parvenir à décloisonner les échelles d’observations classiques et à structurer chaque partie du volume en fonction d’interactions différentes.

À ce programme est rattaché le contrat doctoral dont bénéficie Marion Bertholet sous la direction de Gilles Bertrand et Ilaria Taddei, qui l’ont déjà encadrée en M1 et M2.

Atlas culturel des villes italiennes s’appuyant sur une équipe de dix chercheurs français spécialistes de l’Italie

Coordination et pilotage : Gilles Bertrand

Impulsé au sein du CRHIPA (« Voyage, territoire, savoirs. L’espace culturel des villes italiennes à l’époque moderne, de l’imaginaire au réel ») dans le cadre du cluster 13 de la région Rhône-Alpes Culture, patrimoine, création (axe « Patrimoine et territoire » piloté par Bernard Gauthiez, Lyon 3) et poursuivi dans le cadre de l’ARC5. Le financement obtenu pour les années 2009 et 2010 a servi à lancer le projet qui maintenant se poursuit avec l’appui de l’Institut Universitaire de France (programme 2012-2017: « L’expérience de l’Italie. Mobilités européennes dans la péninsule italienne, 1680-1830″).

 

Fontegaia

Le projet Fonte Gaia réunit chercheurs et bibliothécaires souhaitant s’investir dans un réseau d’échange d’information et de débat d’idées autour de l’italianisme contemporain et international. Ensemble ils produisent, enrichissent, commentent et font évoluer Fonte Gaia, La Bibliothèque Numérique et Fonte Gaia Blog, un carnet de recherche coopératif créé sur la plateforme Hypothèses.

Fonte Gaia a été conçu dès les origines comme un projet ouvert aux contributions extérieures et aux partenariats, nationaux et internationaux, afin de créer une communauté ouverte et mouvante de chercheurs qui souhaitent échanger et enrichir les contenus produits, apporter leurs points de vue et leurs expériences. L’interaction avec l’outil et les contenus est le principe même de Fonte Gaia, de même que la fédération d’informations et de ressources.

Objet de recherche en même temps qu’outil, l’ensemble formé par les « objets numériques » développés dans le cadre du projet a pour vocation de proposer aux italianistes de tous les pays de devenir autant lecteurs que producteurs et commentateurs des éditions numériques et des articles.

Le cœur du projet consiste à développer une bibliothèque numérique de référence pour les italianistes.

La méthode est celle des Humanités numériques : lier et moissonner les contenus dispersés dans différentes bibliothèques numériques et réservoirs de données; sélectionner de nouveaux corpus sous la responsabilité d’un comité scientifique; numériser, commenter, enrichir les éditions numériques.

Partenaires

L’ Université Grenoble Alpes, le CADIST Langue, Littérature et Civilisation Italienne (SID UGA INP), MSH-Alpes

En décembre 2015, un accord de consortium européen portant le nom de CoBNIF (Consortium Bibliothèque Numérique Franco-Italienne) a été signé entre les universités Grenoble Alpes, l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, l’Università degli Studi di Padova et Roma la Sapienza. L’accord est en cours de signature à L’Università Alma Mater Studiorum de Bologne.